a-t-on le droit de désobéir à une loi qu'on estime injuste?

Publié le par Phil

La loi est, dans notre conception la plus intuitive, l'expression du droit. Nous attendons du juge, lors d'un procès, qu'il fasse appliquer la loi à ceux qui se sont rendus coupables d'entorse à son égard. Telle est donc notre conception de la justice qui paraît, ainsi formulée, absolument claire : la loi exprime le droit et la justice est le respect du droit. Demander s'il y a des lois injustes, c'est en quelque sorte poser une question aussi déroutante que : le droit n'est-il pas le droit ? Le droit est-il courbe ? La justice est-elle injuste ? Il faut donc opérer une série de disjonctions pour le moins déroutantes. Il faut renoncer à considérer que les termes de loi et de jus¬tice vont de pair, ou tout au moins il faut accepter de remettre en cause cette conjonction si familière. Or nous connaissons l'adage ancien, summum jus, summa injustia, qui nous laisse à penser que ce fonctionnement que nous voulions transparent est plus complexe qu'il„ n y paraît. Mais ce ne sont que des pistes qu'il faudra parcourir. , Et le problème qui ne manquera alors pas de se poser sera celui de la place du droit : si nous opérons une disjonction entre les lois et la justice, comment cleyr-on-s-n(411g.gn fonction de ces termes nouveaux, entendre le droit ? Devrons-nous considérer qu'il se range du côté des lois et de leur observation stricte, ou devrons-nous le laisser du côté de la justice ? Mais alors, si_ les lois sont injustes, qui dira le droit, d'où pourra finalement sortir la justice ?

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