Bergon, âme et corps

Publié le par Phil

"Que nous dit en effet l’expérience ? Elle nous montre que la vie de l’âme ou, si vous aimez mieux, la vie de la conscience, est liée à la vie du corps, qu’il y a solidarité entre elles, rien de plus. Mais ce point n’a jamais été contesté par personne, et il y a loin de là à soutenir que le cérébral est l’équivalent du mental, qu’on pourrait lire dans un cerveau tout ce qui se passe dans la conscience correspondante. Un vêtement est solidaire du clou auquel il est accroché ; il tombe si l’on arrache le clou ; il oscille si le clou remue ; il se troue, il se déchire si la tête du clou est trop pointue ; il ne s’ensuit pas que chaque détail du clou corresponde à un détail du vêtement, ni que le clou soit l’équivalent du vêtement ; encore moins s’ensuit-il que le clou et le vêtement soient la même chose. Ainsi, la conscience est incontestablement accrochée à un cerveau mais il ne résulte nullement de là que le cerveau dessine tout le détail de la conscience, ni que la conscience soit une fonction du cerveau. Tout ce que l’observation, l’expérience, et par conséquent la science nous permettent d’affirmer, c’est l’existence d’une certaine relation entre le cerveau et la conscience."
"Bergson est ce que l'on appelle en philosophie un dualiste : il y a d'une part le corps (incarné par exemple par le cerveau) et d'autre part l'âme (l'esprit, si l'on suit le même exemple). Autrement dit, Bergson repart de la perplexité de Descartes, qui montre dans les "Méditations métaphysiques" que nous avons conscience de penser et d'avoir un corps, sans pour autant pouvoir réduire la pensée à de la matière, ou dire à l'inverse que la matière n'existe pas. Il y a donc une dualité dans notre manière de nous percevoir et de comprendre et ressentir le monde.
Mais Bergson va plus loin que Descartes dans la mesure où il montre que l'âme et le corps interagissent constamment, sont solidaires. Il est donc faux de penser qu'ils sont indépendants ou qu'ils fonctionnent de façon parallèle. L'âme et le corps ne sont pas dissociables réellement. Bergson emploie un exemple pour caractériser sa théorie de la solidarité : « Un vêtement est solidaire du clou auquel il est accroché ; il tombe si l'on arrache le clou ; il oscille si le clou remue ; il se troue, il se déchire si la tête du clou est trop pointue ; il ne s'ensuit pas que chaque détail du clou corresponde à un détail du vêtement, ni que le clou soit l'équivalent du vêtement ; encore moins s'ensuit-il que le clou et le vêtement soient la même chose. »

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