la vie peut-elle se comprendre sans ses erreurs et ses échecs ?
la vie peut-elle se comprendre sans ses erreurs et ses échecs ?
Le sous-entendu de ce sujet est que la vie comporte nécessairement des erreurs et des échecs. Si bien que l'on pourrait se demander si une vie sans erreur et échec peut être tenue pour une vie véritable, ce qui ne peut se concevoir. On peut remarquer l'imprécision de l'énoncé. Il sera compris comme : la vie peut-elle se comprendre sans l'expérience de ses erreurs et de ses échecs? On évitera de traiter le sujet : les erreurs et les échecs apprennent-ils la vie?
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La nécessaire expérience des erreurs et des échecs : analyse de la conception courante
a. « c'est en forgeant que l'on devient forgeron ».
Vivre s'apprend et pour comprendre la vie il faut en faire l'expérience. Or on apprend en tâtonnant, en faisant des essais qui se concluent par des échecs, en commettant des erreurs dus à l'inexpérience.
b. la vie est une succession d'épreuves.
Cela revient à dire que la vie se caractérise par ses échecs et ses erreurs, ce qui relève de l'opinion commune. Cela revient également a contrario à dire qu'une vie pleinement réussie (sans erreur ni échec) ne serait pas vraiment une vie.
c. tout se mérite, y compris la compréhension de la vie
Une personne ayant la chance de connaître une telle existence ne pourrait par conséquent rien comprendre à la vie. Il n'y aurait pas d'existence sans épreuves et il faudrait commettre des erreurs et connaître des échecs pour la comprendre : c'est ainsi, « c'est la vie ».
transition : cependant on peut remarquer ici une ambiguïté entre « comprendre la vie » et « apprendre à vivre ». Faut-il nécessairement faire une expérience douloureuse de la vie pour la comprendre, c'est-à-dire en saisir le sens?
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Une autre expérience des erreurs et des échecs de la vie
a. ce que nous apprend l'expérience d'autrui
Il n'est peut être pas nécessaire de faire l'expérience directe des erreurs et des échecs. En effet, l'homme se caractérise par le fait qu'il peut profiter de l'expérience d'autrui et qu'il est le fruit d'une éducation qui lui apprend à vivre. Or l'expérience d'autrui et l'éducation ont également la vertu de faire comprendre la vie sans pour autant commettre des erreurs et connaître des échecs. En outre, par l'éducation, nous pouvons acquérir des valeurs qui donnent sens à la vie et qui, si elles ne nous apprennent pas à vivre, nous permettent de comprendre la vie.
b. la possibilité d'anticiper et de réfléchir
En outre, l'homme est capable de réflexion. Il peut alors éviter les erreurs et les échecs. Fort de l'expérience d'autrui et éclairé par une expérience intellectuelle qui lui permet de prévoir les conséquences de ses actes, il peut alors comprendre la vie sans pour autant tomber dans l'erreur et subir des échecs. Par sa pensée, l'homme se trouve également capable de se donner des valeurs qui donnent sens à son existence et qui lui permettent de comprendre la vie.
c. l'expérience de la sagesse
Le meilleur exemple de la possibilité de comprendre la vie en évitant erreurs et échecs nous est donnée par le sage. Construisant sa réflexion à partir d'une conception adéquate du monde, il soumet son action à des principes et à des règles qu'il tient d'un maître ou de sa propre pensée, principes et règles qui lui permettent, sinon d'éviter erreurs et échecs, du moins de les intégrer dans un ordre qui leur enlève tout caractère négatif et de les comprendre littéralement, c'est-à-dire les englober dans un tout qui leur donne sens.
Transition : mais à ce moment là, il est difficile de parler d'échecs et d'erreurs. Il s'agirait plutôt d'événements nécessaires et sans importance au vu de l'ensemble global. Qu'en est-il alors de la compréhension particulière de l'existence de la part de l'individu qui la vit?
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peut-on réellement parler d'erreurs et d'échecs?
a. erreurs et échecs s'intègrent dans un parcours de vie singulier
Comprendre la vie serait saisir la particularité de chaque expérience de l'intérieur, or seul celui qui commet ces erreurs et connaît des échecs serait alors le seul habilité à dire s'il s'agit d'erreurs et d'échecs, lesquels ne sont pas éprouvés nécessairement comme tels.
b. dans le cadre d'une existence particulière, il n'y a pas vraiment d'erreurs et d'échecs.
Pour parler d'erreurs et d'échecs, il faudrait se référer à une vie standard et normalisée dont la nature est totalement étrangère à la vie telle qu'elle est vécue. Or une vie « normale » ne demande pas à être comprise. Seule une vie singulière demande à l'être et ne peut l'être que par celui qui la vit.
c. erreurs et échecs ne sont tels que pour celui qui les vit.
Or on peut se demander si une erreur qui permet de découvrir la vérité ou un échec qui permet de réussir sont véritablement une erreur ou un échec, d'autant que l'une et l'autre ne sont pas des passages obligés. Ce qui peut sembler à
En conclusion, on voit que la vie peut se comprendre sans ses erreurs et ses échecs en ce triple sans qu'il est toujours du domaine du possible de connaître une vie sans erreur et échec, que ces erreurs et échecs peuvent prendre sens dans un ensemble plus vaste qui leur enlève leur caractère d'épreuve nécessaire à la compréhension de la vie, et enfin que ce qui peut apparaître comme une erreur ou un échec n'est pas éprouvé comme tel par celui qui commet l'erreur ou subit l'échec. C'est ici le parcours de vie qui permettrait de comprendre -donner un sens- erreurs et échecs et non l'inverse.