Une société peut-elle se passer de la violence?
Une société peut-elle se passer de la violence?
Certains contractualistes -dont Hobbes- estiment que l'homme est entré en société pour échapper à un état de violence naturelle. Or la violence demeure toujours dans la société, même la plus avancée. Faut-il croire que la violence est inévitable et qu'une société ne peut se passer de violence?
L'homme partage avec l'animal une tendance à déployer sa puissance qui peut impliquer la destruction d'un obstacle, y compris l'être humain. Freud fait appel à la notion de « pulsion de mort » pour expliquer cette violence consubstantielle à l'homme : l'agressivité est d'abord tournée vers le sujet avant d'être infléchie vers l'extérieur. Nous sommes ramenés à une violence inéluctable inscrite au plus profond de la nature humaine et qui s'exprime dans la société.
Les progrés de la civilisation révèlent qu'un processus de sublimation de la violence est à l'oeuvre dans la sphère du politique. Mais ses effets restent limités. L'évolution historique ne s'effectue jamais sans peine ni lutte, c'es-à-dire sans violence. Mais cetteviolence est constructive (elle engendre l'histoire) et indépassable car la liberté ne peut se concevoir sans elle.
En d'autres termes une société sans violence reste une utopie. Nous ne voulons pas dire qu'il faut abandonner l'idée : au contraire il faut la maintenir à titre de jugement réfléchissant qui guide l'action vers un but que l'on atteindra peut-être jamais.